Les manchots et le léopard

09/07/16

Cela débute comme une fable de Lafontaine. Un léopard a croqué 33 manchots du Cap à Stony Point (à l’Est de la ville du Cap en Afrique du Sud) le 11 juin 2016. L’on pourrait laisser faire la nature et ne pas s’appesantir sur cet acte de prédation normal. Mais la population de Manchots a diminué de près de 90%  en dix ans, ils ne sont plus que 55000 oiseaux contre 2 millions au début du xxème siècle, il fallait donc agir d’urgence.

Stony Point avec Boulders Beach sont les deux plus grandes colonies de Manchots du Cap (Spheniscus demersus) dans le monde. Il était inconcevable d’éliminer un léopard  (Panthera pardus), espèce vulnérable selon l’UICN pour sauver les manchots du Cap, espèce en danger selon le même organisme. La population de léopards, est elle aussi en baisse sur tout le contient Africain, ils ne seraient plus que 500 dans la région du Cap.

Au cours de cette attaque, un oiseau adulte a été blessé, un poussin abandonné et cinq œufs ont également été trouvés. Ils ont tous été prélevés et donnés à l’ONG SANCCOB pour réhabilitation, élevage ou incubation.

l’organisme « CapeNature » quant à elle, ne pouvant se résoudre à abattre le coupable, a  décidé d’utiliser des outils de dissuasions naturels pour éviter d’autres pertes : Des patrouilles diurnes et nocturnes avec des chiens, l’utilisation de parfum de lion, la mise en place de pièges photographiques. Pour le moment, le léopard n’est pas revenu.  Mais tant qu’il y aura des proies disponibles, le retour d’un léopard est hautement probable.

Mais pourquoi ces magnifiques palmipèdes sont-ils menacés de disparition ? La faute à la sur-pêche, au braconnage et au changement climatique. Ces oiseaux paient le prix du changement de comportement de leur principale proie, les sardines et les anchois qui ont modifier leur lieu de reproduction du fait du changement climatique. Les bancs de poissons se sont déplacés vers le sud et vers l’est, s’éloignant des colonies de manchots situées sur la côte ouest de l’Afrique.

Une certitude s’impose cependant : l’homme est responsable du fort déclin initial des manchots, classés parmi les espèces en danger de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Les habitants de la côte ont longtemps consommé les œufs de manchots. Leur ramassage est interdit depuis 1967, mais leur nombre a continué à baisser. L’une des colonies traditionnelles les plus touchées est celle de Robben Island, l’île tristement célèbre pour avoir abrité les geôles de Nelson Mandela et des principaux combattants de l’apartheid.

L’on peut encore sauver les Manchots du Cap car comme le disait Mandela : « Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse », la population aurait légèrement augmenté les trois dernières années…

Pour aider et s’informer sur les Manchots du Cap :

  • SANCCOB : ICI
  • CAPENATURE : ICI
  • BIRDLIFE SOUTHAFRICA : ICI

Sources multiples dont la news par SANCCOB excellente ONG pour la préservation des oiseaux marins. Depuis sa création en 1968, cette organisation à but non lucratif a soigné plus de 90 000 manchots ou autres oiseaux marins en danger (blessés, mazoutés, malade ou abandonnés). Une étude confirme d’ailleurs que la population sauvage de manchots du Cap est 19% plus importante grâce aux seuls efforts du SANCCOB sur la conservation de la faune mazoutée.

 

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