L’éléphant drague d’abord les jolies étrangères

05/05/17

J’avais parlé récemment de l’étude pour le moins originale portant sur « les interactions entre les rhinocéros au travers de leurs déjections fécales » . Vaste sujet étudié en profondeur par des chercheurs allemands…Dans le même genre est parue le 17 mars 2017 dans la revue Nature une étude menée par des scientifiques de l’université de Viennes (Autriche) portant sur la préférence des éléphants mâles pour les vocalisations de femelles inconnues.

Ces chercheurs autrichiens, Angela Stoeger et Anton Baotic, ont travaillé dans le parc national d’Addo Elephant en Afrique du Sud (région du Cap oriental) en 2015 et 2016. Ils ont constaté que les éléphants mâles répondent beaucoup plus vivement aux sons des femelles inconnues que à ceux des femelles qu’ils connaissent. Une étude réalisées auparavant par mes mêmes scientifiques, mais dans le parc d’Amboseli au Kenya, avait montré que les femelles préféraient au contraire les barrissements des mâles familiers.

Les résultats de leur étude confirme que les éléphants mâles, à l’image des femelles, sont donc capables d’extraire des informations sociales des vocalisations : age, sexe, disponibilité et proximité sociale, afin d’évaluer les opportunités d’accouplement et d’éviter les risques de consanguinité.

addo elephant park.jpg
les éléphants d’Addo Elephant National Park

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont enregistré des grondements basse fréquence dans le parc d’Addo Elephant, dans le parc du Pilanesberg, dans la réserve de Bela Bela, et au zoo de Vienne. Ils ont ensuite passé les bandes sur haut-parleurs depuis un 4X4 caché dans la brousse. Les réactions de 27 éléphants mâles ont été analysées.

Les mâles ont généralement été plus attentif, ont plus réagi et de façon plus longue aux grondements des femelles inconnues. Les éléphants mâles aiment donc les beautés exotiques… CQFD

L’info en plus : l’histoire du parc national d’Addo Elephant :

Le parc national d’Addo Elephant ou a été réalisée l’étude fut fondé en 1931 pour protéger les 11 derniers éléphants de la région du Cap oriental, seuls rescapés de la chasse, de l’expansion agricole et des terribles massacres perpétrés par les colons au 17 et 18ème siècle. A l’origine, le parc ne faisait que 20 km² et n’était pas clôturé.

Aujourd’hui, Addo Elephant national park est le troisième plus grand parc d’Afrique du Sud avec une surface de 1800 km² clôturée. Sa végétation, comme ses paysages, sont d’une diversité sans pareil. Montagnes (Zuurberg), lac (Darlington), forêts (Alexandria), plages, prairies, îles (St Croix, Bird Island) représentant 5 des 7 biomes du pays.

addo carte

En ce qui concerne sa faune, l’on peut y observer une centaine d’espèces de mammifères dont les « Big 5 » grâce à la réintroduction des rhinocéros en 1961 et des lions en 2003. C’est un paradis pour les ornithologues, avec la présence de 417 espèces d’oiseaux. Le parc s’étendant à présent jusqu’à l’océan Indien, l’on peut y observer aussi des baleines franches boréales et des requins blancs, faisant du parc un des rares lieu au monde ou l’on peut croiser le « Big 7 » (lion, léopard, rhinocéros, éléphant, buffle, requin, baleine).

Le parc est célèbre depuis sa création pour ses éléphants des savanes (Loxodonta africana). Ils sont physiquement un peu plus petits et avec des oreilles plus rondes que les autres éléphants des savanes en Afrique.

Pour protéger la petite population d’éléphants originelle ainsi que les cultures avoisinantes, le parc fut l’un des premiers du continent à être clôturé, dès 1951. C’est la clôture « Armstrong » du nom du conservateur de l’époque Graham Armstrong. Elle a été faite avec des traverses de chemins de fer et d’énormes câbles métalliques d’ascenseurs récupérés. Une réussite. Elle est encore visible aujourd’hui dans certains secteurs du parc. Addo a été le domicile d’un éléphant mâle célèbre : le terrible Hapoor qui domina le parc de 1944 à 1968. Il avait un très mauvais caractère et détestait les hommes (il avait de bonnes raisons). Il fut le premier et l’un des seuls à réussir à franchir la clôture Armstrong.

Addo copyright-Scott-Ramsay hapoor.jpg
hapoor le terrible éléphant d’Addo

Aujourd’hui, grâce aux efforts de Sanparks, l’organisme de gestion des parcs nationaux Sud Africain, la population d’éléphants a atteint 700 individus, soit l’une des plus fortes densités au km² d’Afrique. Ils sont tous des descendants des 11 éléphants d’origine. Ce succès extraordinaire pose actuellement des problèmes à la fragile végétation du parc, j’aurai l’occasion de vous en reparler une autre fois.

Facilement accessible depuis Port Elisabeth, le parc comprend de nombreux lodges et hôtels pour toutes les bourses, dont le célèbre Addo rest camp ou l’on peut voir la tête naturalisée de Hapoor.

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