l’addax n’est plus qu’un mirage à l’état sauvage

18/04/16

A la question de savoir quelle est l’antilope la plus en danger d’extinction à l’état sauvage, une réponse dramatique vient d’être donnée par l’ONG Sahara Conservation Fund. C’est l’addax (Addax nasomaculatus), la magnifique antilope du Sahara.

J’ai déjà parlé d’antilopes proches de l’extinction comme l’hirola (Beatragus hunteri) ici, considérée jusqu’à maintenant comme l’antilope d’Afrique la plus en danger d’extinction, et aussi de l’hippotrague noir géant (Hippotragus niger variani) en Angola ici en situation très précaire dans le parc de luando et de Cangandala ou encore de l’oryx algazelle (Oryx dammah) dont la réintroduction au Tchad vient de débuter ici.

Mais la dernière étude aérienne au dessus de l’immense réserve naturelle de Termit et Tin Toumma au Niger, effectuée par l’ONG Sahara Conservation Fund vient de livrer ses résultats et ils sont dramatiques pour l’Addax (Addax nasomaculatus). Dans ce parc ou il existait y a encore  10 ans la dernière population viable d’environ 200 addax sauvages, l’ONG n’en a observé que trois.

Le Sahara Conservation Fund a pourtant survolé 3200 km et effectué des patrouilles motorisées sur 700 km… L’addax n’est plus qu’un fantôme sur son immense aire de répartition.

Pourtant au début du siècle dernier, 20.000 à 30.000 addax vivaient encore sur un territoire immense s’étalant de l’Algérie à la vallée du Nil, en passant par le Tchad, la Libye, la Mauritanie et le Soudan. Aujourd’hui, il ne reste probablement que quelques individus en Mauritanie et au Tchad ainsi que des petites populations réintroduites,en captivité, au Maroc (parc de Souss-Massa et réserve de Safia) et en Tunisie (parc de Djebil) et donc trois addax sauvages au Niger….

Il faut dire l’addax cumule les handicaps, son territoire désertique connaît des guerres, du terrorisme, des bandes armées, des militaires corrompus et des trafics en tous genres. Les conditions climatiques sont difficiles (de -15° la nuit à +50° le jour), et son habitat est immense, ce qui ne facilite pas son étude ni sa protection….Surtout, l’animal est nocturne, il passe sa journée sans bouger sous un arbre.  La pauvreté de la région favorise le braconnage, qu’il soit de subsistance ou de trophée (l’animal a été très chassé par les milliardaires du golf). L’addax est aussi en concurrence direct avec les bovins et donc abattu par les éleveurs. Enfin la région est riche en pétrole : la prospection et l’exploitation d’hydrocarbure, apporte avec elle la destruction de son habitat.

Pourtant en 2012, le Niger avait créé en grande pompe ce parc nationale de Termit et Tin Toumma afin de protéger l’espèce ainsi que l’ensemble de la faune en danger du Sahara (guépard, antilope Dama, Addax, Oryx algazelle, fennecs….) mais sur place rien n’a été fait. Avec 97.000 kilomètres carrés, la surface de la Hongrie, la réserve est ,à ce jour, la plus grande d’Afrique.

Il faut dire, le Niger nous avait habitué à ce type d’histoire, il avait créé dans les années 90′ le parc de « Aïr and Ténéré Addax Sanctuary » déjà pour protéger l’addax, 15 ans plus tard, le parc était vide de tout représentant de l’espèce…..

Tous les espoirs ne sont pourtant pas perdus pour l’addax, l’espèce supporte bien l’élevage, elle est fortement représentée dans les zoos publics et les parcs privés du monde entier, qui en conserve environ 2000 individus. L’on peut donc espérer dans les années à venir une réintroduction sur le modèle de l’oryx Algazelle au Tchad .

L’addax également nommé antilope à nez tacheté, possède un corps puissant et trapu avec un pelage blanc jaunâtre ou crème. Sa tête est ornée d’une paire de cornes à double torsade qui en fait un trophée recherché par les chasseurs. Ses pattes sont munies de larges sabots qui lui permettent de ne pas s’enfoncer dans le sable. L’addax boit très peu se suffisant  pour son hydratation de la végétation qu’il mange. C’est un animal nocturne, vivant en petit troupeau de 5 à 20 têtes.

On peut observer facilement des addax au parc zoologique de Paris (Zoo de Vincennes) ici. Pour soutenir l’ONG Sahara Conservation Fund c’est ici.

Sources multiples le 18/04/16 dont : Sahara Conservation Fund sur facebook

 

 

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