Rare observation de deux girafes blanches

14/09/17

L’année dernière je vous avais parlé de l’observation d’une girafe réticulée (Giraffa camelopardalis reticulata) toute blanche (ICI) dans la zone de conservation d’Ishaqbini au Kenya.

Le mois dernier, elle a été à nouveau observée et elle n’était pas toute seule. La belle girafe blanche était accompagnée par un jeune girafon tout blanc lui aussi. Comme sa mère, le jeune girafon est atteint de Leucisme,un dérèglement génétique provocant un déficit de cellules pigmentaires.

girafe blanche

Cette observation est exceptionnelle à plus d’un titre : C’est la première observation de la transmission mère-enfant de ce dérèglement génétique chez la girafe. Depuis 2005 seules 5 girafes blanches ont été observées en Afrique (toutes au Kenya et en Tanzanie), et c’est la première fois que deux girafes blanches sont observées en même temps.

Les deux girafes ont été filmées par des membres de l’ONG Hirola conservation programme (HCP) dans le cadre de leurs activités en faveur de la protection de l’ antilope hirola (Beatragus hunteri). Elles ont été repérées à proximité de la zone de conservation communautaire d’Ishaqbini au Nord-Est du Kenya, non loin de la rivière Tana.

Ishaqbini est une zone de conservation communautaire crée en 2007 par la tribu Abdullah habitant la région. Elle a une surface de 19.000 hectares et a pour but de protéger les espèces rares du Nord Kenya notamment la girafe réticulée et l’ antilope hirola qu’ils vénèrent. Elle comprend aussi un sanctuaire clôturé de 72km² créé 2012 afin de multiplier les hirolas. C’est un succès, leur nombre ayant doublé dans cet espace clôturé passant de 47 à plus de 100 individus aujourd’hui.  (J’en avais parlé ICI). Mais rien n’est joué pour sauver l’hirola de la disparition.

hirola.jpg
hirolas

En 1970 plus de 15.000 hirolas parcourait encore la savane aride entre le Nord-Est du Kenya et le Sud de la Somalie. Mais depuis, l’épidémie de peste Bovine fin 70′, la sécheresse des années 80′, la compétition avec le bétail et la dégradation de leur habitat a éliminé 97% de la population. Actuellement, il ne resterait que 500 Hirolas au Kenya divisés en 4 petites populations (Ishaqbini, Tsavo, Arawale et plaine de Boni) et de rares individus en Somalie, faisant de l’hirola l’antilope la plus en danger d’extinction d’Afrique noir.

carte ishaqbini hirola.png

Aujourd’hui, malgré la protection complète dont bénéficie cette antilope à Ishaqbini, sa population (hors du sanctuaire clôturé), n’augmente que lentement. La cause de ce manque de développement n’a été découverte que récemment. Elle est due au braconnage de la quasi totalité des 5000 éléphants de la région. En effet, l’hirola aime les espaces ouverts et la disparition des éléphants a provoqué une dégradation importante de l’environnement, réduisant les prairies et les remplaçant par des forêts de broussailles inadaptées à nos pauvres antilopes « a quatre yeux ».

hirola au kenya.jpg
L’hirola est connu comme « l’antilope à quatre yeux » en raison de ses glandes préorbitales marquées

La zone communautaire d’Ishaqbini aidée par l’ONG Rainforest Trust et sous l’égide du Northen Rangeland Trust, tente de résoudre ce problème en protégeant les derniers éléphants et en coupant les broussailles. Vaste programme, de longue années seront nécessaires pour revoir de grands troupeaux d’Hirolas dans les plaines arides de la région de Garissa.

Pour en revenir à nos deux girafes blanches, elles vont probablement devenir des stars dans la région. Souhaitons qu’elles deviennent par la même occasion des ambassadrices en faveur de la protection des malheureuses hirolas.

  • Malgré tout ce que vous pouvez lire sur le Kenya et la région Nord, tout est calme et la zone de conservation d’Ishaqbini sera heureuse de vous accueillir (camping) pour vous faire observer la faune unique de la région. Le Kenya a besoin du tourisme, s’y rendre est la meilleure façon de protéger sa faune.

Se renseigner :

BUD PUMBA

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Elles sont magnifiques ces girafes. J’avais vu la vidéo sur les réseaux sociaux. Ça serait intéressant de connaître la couleur du papa. Est-il forcément blanc lui aussi, ou pas ?

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    1. budpumba dit :

      non a priori pas de papa blanc dans le secteur, mais qui sait, le Nord Kenya est vaste et il a fallu un an pour revoir la maman… alors peut être que papa est timide et se cache dans un fourré. L’Afrique a encore bcp de chose à nous faire découvrir.

      Aimé par 1 personne

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